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negociation annuelle obligatoire 2006
Point détape
Délégation syndicale SNAPAC / CFDT
[télécharger
le point d'étape (.pdf) - 12 juin 2006]
12 juin 2006
Bonjour à tous,
La NAO 2006 a commencé, selon le calendrier suivant :
réunion préparatoire : 12 mai
1ere réunion : 31 mai
réunion supplémentaire : 9 juin
à venir
2e réunion : 13 juin
Pour rappel, la NAO est une négociation obligatoire dans les entreprises
où il existe au moins une section syndicale dune organisation
reconnue représentative au niveau national.
La NAO porte notamment sur les salaires effectifs, la durée effective
du travail et lorganisation du temps de travail, ainsi que sur les
objectifs en matière dégalité professionnelle.
Cette négociation est aussi l'occasion d'un examen par les parties
de l'évolution de l'emploi dans l'entreprise.
Les négociations de la NAO se passent en présence :
de la direction : le Secrétaire général, Gaël
Rias et la Chargée des ressources humaines, Carole Waisfisch.
Lors de la réunion préparatoire (12 mai), le Directeur général,
Michel Sala, est intervenu, et lors de la première réunion
(31 mai), la Directrice de Direction administrative et financière,
Florence Jolif, est intervenue.
des déléguées syndicales, accompagnées
dun salarié de l'établissement : pour le SNAPAC-CFDT,
Marion Bastien, accompagnée de Sébastien Sordes ; pour le
SYNPTAC-CGT, Caroline Chhith, accompagnée de Jérôme
Séron ou Raymond Pannier.
Voici pour commencer, quelques points dinformations et commentaires.
UNE NEGOCIATION MOINS TARDIVE QUEN 2004 ET 2005
Les deux organisations syndicales représentées (SNAPAC-CFDT
et SYNPTAC-CGT) avaient signalé lors de la NAO 2005 que les négociations
au CND étaient extrêmement tardives par rapport aux autres
établissements publics.
Début avril 2006, le SNAPAC-CFDT écrivait à la direction
(lettre communiquée par messagerie aux salariées le 5 avril
2006) pour signaler que plusieurs EPIC culturels allaient entamer la NAO
2006, et pour regretter que le CND ne suive un calendrier identique, cest-à-dire
des négociations avant lété.
Fin avril, la direction répondait positivement à cette demande
: en 2006, la NAO au CND a lieu avant lété.
LE « CADRAGE »
Un élément-clé pour négocier dans un
établissement public est le chiffre du « cadrage ».
Les entreprises publiques présentent chaque année à
la Commission interministérielle de coordination des salaires (CICS),
pour avis, les éléments relatifs à lévolution
des rémunérations quelles versent à leurs salariés,
tant pour lannée écoulée que, de façon
prévisionnelle, pour lannée en cours. La CICS fait
ensuite connaître sa décision en communiquant le chiffre
du « cadrage », généralement exprimé
sous la forme dun pourcentage autorisé daugmentation
des salaires.
Ce chiffre doit ensuite se répartir, par négociations, entre
mesures générales, catégorielles, individuelles,
et autres éléments liés à la rémunération.
Pour le CND, nous avons eu par exemple des mesures de « classification
» en 2004 et 2005, ou la prime dinstallation en 2005.
Parce que ces mesures étaient exceptionnelles, et non destinées
à être reconduites, le cadrage 2004 et le cadrage 2005 ont
été exceptionnellement plus haut que la normale : 3,35%
en 2004 (dont 1,10% alloués à la classification), 3,35%
en 2005 (dont 0,70% alloués à la classification et 0,63%
alloués à la prime dinstallation).
Pour 2006, le chiffre de notre cadrage, 2,56%, communiqué
oralement par la direction lors de la réunion préparatoire
(12 mai), et selon les indications orales des tutelles, était dans
la moyenne basse par rapport aux autres établissements publics
culturels.
Lors de la 1re réunion (31 mai) il nous a été signalé
que par des effets de « déport » (liés à
la prime dinstallation qui avait été accordée
suite au préavis de grève déposé par le SYNPTAC-CGT
en janvier 2005), ce chiffre est en fait réajusté à
la hausse, à 2,8%, soit un chiffre dans la moyenne correcte
par rapport aux autres établissements publics culturels.
LE « BONUS EXCEPTIONNEL » (que vous naurez pas)
Cest un peu compliqué, un peu long, mais intéressant
Par circulaire en date du 5 janvier 2006, « le Premier ministre
a souhaité donner aux employeurs la possibilité de verser,
du 1er janvier au 31 juillet 2006, un bonus exceptionnel d'un montant
maximum de 1 000 euros par salarié. L'objectif, rappelé
aux partenaires sociaux lors de la Commission nationale de la négociation
collective du 12 décembre 2005, est de répondre aux préoccupations
exprimées sur le pouvoir d'achat des salariés, tout en incitant
à une négociation salariale concluante au niveau de la branche,
comme au niveau de l'entreprise ».
Le bonus ? Quel bonus ?
Les représentants du personnel ont interrogé plusieurs
fois la direction sur ce sujet, en février et mars 2006, à
loccasion des réunions mensuelles du Comité dentreprise.
Les réponses de la direction étaient quelle nétait
pas au courant et se tournerait vers les tutelles (février), puis,
que les tutelles nétaient pas au courant (mars).
Exit le bonus
Pour finir, lors de la réunion préparatoire de la NAO
(le 12 mai), le Directeur général a voulu clore le débat
sur le bonus, semblant dire que cette mesure nétait pas possible
dans le cadre dun EPIC.
Dans le même temps, les organisations syndicales SYNPTAC-CGT puis
SNAPAC-CFDT recevaient des informations contredisant cette fin de non-recevoir
: des EPIC culturels avaient bien entamé des négociations
sur le bonus.
Le retour du bonus !
Lors de la première réunion de négociation (31
mai), nous avons donc remis le cas du bonus sur la table. (Détail
à savoir : la loi prévoit que les négociations liées
au bonus doivent être signées avant le 15 juin.)
Il nous a été signalé que, si bonus il devait y avoir,
il devrait être inclus dans le cadrage. Nous avons suggéré
et demandé que ce bonus ne soit pas pris sur le cadrage (ou bien
que le cadrage soit augmenté pour prendre en compte ce dispositif
exceptionnel souhaité par le Premier ministre).
Nous avons aussi demandé quelles étaient les possibilités
dutiliser les ressources propres du CND (plus particulièrement
les ressources générées par les locations de nos
espaces pour des tournages audiovisuels ou manifestations non liées
à nos missions) pour faire un geste auprès des salariés,
comme
financer ce bonus exceptionnel.
Finalement, il nous a été proposé de négocier
spécifiquement à propos du bonus, lors dune réunion
fixée au 9 juin.
Lors de cette réunion, il nous a été réaffirmé
que le cadrage de 2,8% serait inchangé, et que le bonus devrait
être pris dessus.
Concernant les possibilités dutiliser les ressources propres
pour financer le bonus, il nous a été réaffirmé
que ceci nétait pas possible.
Néanmoins, au-delà du problème du bonus, il nous
a été signalé que le Directeur général
ferait bientôt une proposition concernant ces ressources. Nous attendons
avec intérêt toute proposition qui permettrait aux salariés
de bénéficier dune manière ou dune autre
de lapport de ces ressources propres exceptionnelles
Bonus exceptionnel ou augmentations pérennes ?
Le cadrage restant inchangé, nous ne trouvons aucun intérêt
à négocier ce bonus.
Il est beaucoup plus intéressant de répartir le cadrage
de 2,8% pour des mesures générales, catégorielles
et individuelles, car toutes ces mesures resteront acquises pour les salariés
concernés.
Si bonus « exceptionnel » il devait y avoir, cela aurait nécessité
un cadrage supérieur, prenant en compte cette mesure qui doit revêtir
comme le voulait la loi - un caractère exceptionnel.
Tant pis pour les salariés, tant pis pour le Premier ministre,
il ny aura pas de coup de pouce pour le pouvoir d'achat des salariés
du CND.
PREMIERES ORIENTATIONS DU SNAPAC-CFDT SUR LA REPARTITION
DU CADRAGE
Nous avions annoncé depuis avril que notre premier objectif
dans le cadre de la NAO serait davoir une mesure générale
correcte en 2006.
En 2004, linflation était denviron 1,9%, notre augmentation
générale fut de 1%, soit 0,9% de perte. En 2005, linflation
était denviron 1,6%, notre augmentation générale
fut de 1,2%, soit 0,4% de perte. Pour cette raison, nous navions
pas souhaité signé laccord en 2005.
De plus, notre établissement ne bénéficie daucune
mesure liée à lancienneté, qui permettrait
aux salariés de voir un minimum dévolution de salaires
au cours de leurs carrières. Une mesure générale
correcte chaque année permet au moins de ne pas « décrocher
» en termes de pouvoir dachat.
Cette année, au-delà des seuls prix à la consommation
(environ 1,6% sur les 12 derniers mois), il faut également prendre
en considération laugmentation des loyers de plus de 4%,
mais aussi de lénergie (+11,4% sur le gaz et jusquà
+10% pour les carburants).
Nous avions donc signalé quune mesure générale
de 1,8% pour 2006 nous semblerait tout à fait légitime.
Les propositions de la direction
La direction nous a fait une première proposition de répartition
décomposée ainsi :
Mesure générale : 1,8% à partir de mars (et pas de
janvier ce qui équivaut en fait à une augmentation
de 1,52% pour lannée 2006)
Mesure Bonus : 0,40% du cadrage
Mesures individuelles : 0,88% (ou 0,85% - à vérifier).
Les orientations du SNAPAC-CFDT
Lépisode bonus étant fini, nous souhaiterions proposer
une répartition avec une bonne mesure générale, des
mesures catégorielles, et avoir des mesures individuelles a priori
moins élevées
Mesure générale : nous souhaitions donc obtenir 1,8%
sur lannée complète, mais pouvons accepter une mesure
à partir de mars, à la condition
quil y ait un pourcentage correct pour des mesures catégorielles,
et un minimum de garanties sur lutilisation des mesures individuelles si nous acceptons que celles-ci restent avec un pourcentage élevé.
Mesures catégorielles : nous souhaitons de telles mesures,
notamment en faveur des salaires les plus bas et de métiers spécifiques.
Nos propositions pour cette année, à affiner et négocier
lors de la seconde réunion, le 13 juin :
1. une augmentation en points dindice de tous les postes de catégorie
1 ;
2. une augmentation en points dindice des postes de catégorie 2 placés dans la première moitié
de la grille (de 176 à 225 points inclus) ;
3. une augmentation en points dindice des postes de catégorie
3 placés dans la première moitié de la grille (de
220 à 281 points inclus).
Ceci basé sur le fait que le salaire moyen des catégories
3 est bien en dessous (- 32 points) du point médian « théorique
» de cette catégorie (qui est de 281 points) ;
4. une augmentation en points dindice des postes
« assistant billetterie ».
Ceci afin de prendre en compte le fait que ce type de postes bénéficie
en général dune prime de caisse. Nous souhaitons donc
quun montant équivalent soit pris en compte, et intégré
aux salaires par ajouts de points.
Ces propositions ne couvrent certainement pas toutes les possibilités
de mesures catégorielles nécessaires, mais sont un objectif
réalisable pour cette année.
Nous espérons que la direction répondra favorablement à
ces propositions de mesures catégorielles, ou à celles qui
seront proposées par la délégation SYNPTAC-CGT.
Mesures individuelles : le pourcentage alloué aux mesures
individuelles dans notre établissement semble être en général
bien plus élevé que dans les autres EPIC culturels.
En 2003, 2004 et 2005, le pourcentage des mesures individuelles oscillait
entre 0,70% et 0,77%. Nous avons demandé pourquoi ces mesures individuelles,
au pourcentage déjà élevé, étaient
en hausse pour 2006, avec une proposition de la direction à 0,88%.
Il nous a été signalé que cétait dû
au fait que certains postes ayant évolué, il y avait des
rééquilibrages à faire. Il a été fait
mention de plusieurs cas individuels qui ont en effet été
évoqués récemment lors de réunions des délégués
du personnel
(Nous pensons dailleurs que les cas individuels portés à
la connaissance des délégués du personnel ne recouvrent
pas lensemble des postes à rééquilibrer
ladéquation ente tâches effectuées et postes
occupés est un véritable chantier à ouvrir sans tarder
au CND.)
En termes de mesures individuelles, les délégations syndicales
lors de la négociation ne peuvent quinfluer sur le pourcentage
alloué, pas sur les choix de mesures individuelles.
Le SNAPAC-CFDT pourrait accepter un pourcentage plus élevé
que celui de lan dernier, 0,80% par exemple, mais avec un minimum
de garanties ou dengagements de la part de la direction, sur le
fait que les rééquilibrages nécessaires aux cas individuels
repérés soient réellement traités.
Pour simplifier, si nous négocions sur une base de 0,80% de mesures
individuelles, cest comme signer un chèque en blanc, en espérant
quil sera utilisé en partie pour les raisons que la direction
nous a données pour nous convaincre de le signer, mais sans aucune
garantie.
Nous réinsisterons lors de la prochaine réunion (13 juin)
sur ce point. Sans lengagement oral et moral de la direction que
ce pourcentage alloué sera utilisé pour ces rééquilibrages
nécessaires et identifiés, nous ne souhaitons pas de mesures
individuelles si hautes, et proposerons un pourcentage similaire à
ce qui se pratique dans les autres établissements, soit environ
0,50%.
LA POLITIQUE SALARIALE AU CND
À loccasion de cette nouvelle NAO qui nous mène à
étudier un grand nombre de données chiffrées et à
parler avec des salariées, nous diagnostiquons un problème
réel au sein du CND en termes dévolutions salariales,
de reconnaissance des fonctions effectuées, de positionnement dans
les catégories.
En trois années, les salariés ont dû sadapter
aux nouveaux locaux, à la convergence des services sur le site
de Pantin, et au développement important des activités de
létablissement.
La technicité demandée est plus grande (plus de spécialisations,
plus de procédures administratives, plus dinformatique, plus
de logiciels à connaître), et le plus souvent les salariés
ont dû se former sur le tas pour faire face à ces mutations.
La petite taille relative de létablissement pour un grand
nombre de missions à mener implique également une certaine
polytechnicité des salariés, polytechnicité qui est
peu ou pas reconnu en termes de rémunération.
Outre les créations de postes qui ont été obtenues
en 2005, et pourraient être obtenus pour 2006 et 2007, nous pensons
quune vraie politique salariale, motivante pour les salariés
en poste, devient indispensable. Politique salariale qui devrait se combiner
avec une réelle réflexion sur lévolution des
carrières au sein de létablissement (mobilité
interne plus fluide, valorisation des compétences, plan de formation
conçu sur le long terme).
Or, nous ne percevons pas de la part de la direction une politique dynamique
sur les salaires et les carrières. Par contre, nous percevons des
signes de plus en plus sensibles dune démotivation des salariés,
dun désengagement de ceux-ci face au « projet »
du CND.
Nous souhaitons par conséquent alerter la direction.
Le chantier de rénovation du « bâtiment Pantin »
est terminé, et à juste titre reconnu pour sa grande qualité.
Nous souhaitons maintenant que la direction et les tutelles ouvrent au
plus vite le chantier « ressources humaines ». Le projet du
CND ne pourra se développer quavec des salariés motivés.
Marion Bastien, déléguée syndicale SNAPAC-CFDT
Contact:
cfdt@cnd.fr - http://www.cfdt-cnd.org
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